« Elle s’est manifestee

la bonte de Dieu, notre Sauveur ».

Thème de la célébration du 18 Décembre

 

 

18 decembre 2016: 193è anniversaire de Fondation

des Filles de la Charite du Sacre-Coeur de Jesus

 

18 decembre 2016: 100 ans de S. Carmen Jette

 

À voir sur le site fcscj.net

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Célébration de la Fête du 18 Décembre 2016

 

 

 

L’introduction à l’une des lectures du bréviaire de ce jour m’a semblé très appropriée pour nourrir notre foi. Je cite : « Elle s’est manifestée la bonté de Dieu, notre Sauveur ». C’est ce qui sous-tend l’Évangile que nous venons d’entendre et c’est ce que je nous invite à méditer en cette  matinée du 18 décembre.
D’emblée, nous pouvons considérer que notre rassemblement trouve sa  source  dans une action de grâce pour l’action de  trois hommes et de trois femmes, insérés à leur manière, dans notre parcours de vie de Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus. Le rappel de ce qu’ils ont été   permettra, espérons-le, à chacun et chacune ici présents de  pouvoir  dire en soi-même: Oui, c’est bien vrai : « Elle s’est manifestée pour moi aussi la bonté de Dieu, notre Sauveur ».

 

Marie et JosephLes deux premières personnes proposées à notre attention ont eu un début de vie de couple que je qualifie de « houleux ». Une ado enceinte et un mari qui n’a rien à voir avec le phénomène. Il y avait matière à stresser. D’après l’Évangéliste, pour que Marie et Joseph puissent se sentir investis d’une mission spéciale et la mener à bonne fin, il a fallu une intervention extraordinaire des cieux. Il semble que les anges et les songes étaient les canaux privilégiés de l’époque.

Cependant, nous savons que tous deux étaient des Juifs très croyants, et ils avaient certainement les Écritures gravées au fond du cœur. D’après ce qui leur avait été transmis de la foi d’Abraham, de Moïse et des prophètes, ils savaient  qu’un jour  un Messie devait venir sauver son peuple fidèle et que cet envoyé de Dieu   serait de la descendance de David. À la synagogue, Marie et Joseph avaient sûrement médité le texte d’Isaïe que Mathieu nous rappelle ce matin : « Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : Dieu avec nous. » 

Alors, quel qu’ait été le coup de foudre qui  aurait pu les faire se sentir investis d’une  mission  spéciale, il est permis de penser qu’ils ont sûrement conversé en toute intimité de ce qui leur arrivait et   accepté de croire que la bonté du Seigneur voulait se manifester pour eux et par eux. C’est à leur foi que nous devons d’être  ici, aujourd’hui, nous préparant à  remémorer  l’entrée de Jésus Sauveur dans notre monde. Nous avons bien raison de  croire, à notre tour, qu’à travers Marie et Joseph, la bonté de Dieu  s’est manifestée, sûrement plus souvent que nous le pensons, dans notre histoire personnelle.

Jean-Maurice CatrouxRose GietLe deuxième couple qui nous rassemble aujourd’hui, ce n’est pas un vrai couple au sens habituel du mot ; vous l’avez deviné : il s’agit du jeune curé de campagne, Jean-Maurice Catroux,  qui portait un œil attentif sur une paroissienne ayant dépassé la fleur de l’âge, Rose Giet. Ces deux-là n’ont pas eu de révélation à la manière rapportée par l’Évangéliste, mais les Écritures nourrissaient  leur vie quotidienne et surtout, elles les aidaient à maintenir leurs yeux ouverts sur les réalités qui les entouraient.

Quand je pense aux  débuts de notre histoire de Congrégation, l’image du Jean-Maurice Catroux de cette époque se superpose, dans mon imaginaire, à celle du Jésus décrit dans Mathieu 9, 36.  Ces foules de l’Évangile, fatiguées et abattues comme des brebis sans berger, c’étaient les malades isolés et les enfants mal instruits de La Salle-de-Vihiers que nos Fondateurs avaient sous les yeux.

 

Première école de Rose Giet: la ferme La FouquetteDans leur choix de croire à une mission divine pour eux, ils ont permis à la bonté du Dieu Sauveur de se manifester non seulement envers les pauvres d’un coin perdu de l’Anjou, mais dans divers lieux, sur le sol de quatre continents,  où les Filles de la Charité du Sacré-Cœur et leurs membres Associés se réunissent en ce 18 décembre.

Toute l’histoire   que nous rappelons en ce 193è anniversaire de Fondation est tissée de la présence de la bonté de Dieu, notre Sauveur. Nous sommes, à notre manière personnelle, les fruits de cette histoire et nous en rendons grâce à Dieu au cours de cette Eucharistie qui nous rassemble.

Ernest Renan a eu une parole fort pertinente pour la suite de mon propos : « Tout ce que nous sommes est l’aboutissement d’un travail séculaire ». C’est l’un de ces aboutissements séculaires qui nous réunit et   soumet à notre attention deux autres personnes. Dans leur cas, il s’agit d’un vrai couple. Ils sont prénommés Ernest et Hermine, dans la paroisse de La Patrie en Estrie.

Église paroissiale de La Patrie, municipalité de l'EstrieImaginons-les à une période très précise de leur vie : sans mystère,  ils attendent leur premier enfant. Ils n’en connaissent  pas le sexe, bien entendu, mais on peut imaginer qu’ils vivent un certain stress;    comme  tous les futurs parents, ils se demandent  si ce bébé arrivera tout entier; ils rêvent naturellement d’un  bébé parfait et portent sûrement une question fondamentale : « Que sera cet enfant? » La réponse nous l’avons aujourd’hui devant nous : C’était une fille, parfaitement constituée. Et on peut dire qu’en dépit d’une faiblesse fort compréhensible pour des jambes de 100 ans, le bébé parfait a conservé toutes les facultés héritées de ses parents.

 

Célébrer un siècle de vie, surtout dans le cas de S. Carmen, c’est tout un contrat. Par-dessus le marché, la liturgie de l’Avent nous a rappelé à plusieurs reprises que nous ne pouvons « invoquer nos mérites ». Connaissant S. Carmen, je suis sûre que cela lui convient. Alors au lieu d’insister sur ses mérites, nous allons évoquer la bonté du Dieu Sauveur.


Village de La Patrie vu du Mont MéganticNul n’oserait dire qu’un bébé naissant peut être opportuniste; alors naître précisément le jour du 93è anniversaire de la fondation de notre Congrégation, c’est sûrement de l’ordre de la prédestination. Ensuite, ses parents lui ont donné le nom de Carmen. Un nom qui signifie : « rouge vif ». C’est bien la couleur du cœur, n’est-ce pas? Prédestinée par son prénom à faire partie d’une Congrégation vouée au Sacré-Cœur, pourquoi pas? En plus, elle entre dans un noviciat placé sous la protection de St-Joseph. Comment douter d’une bienveillance providentielle?

 

 

S. Carmen, c’est bien pauvre comme propos pour souligner la richesse de l’œuvre séculaire que vos parents, soutenus par le Dieu de leur foi, ont mis en marche.

Mais comme toutes les personnes présentes ici savent et apprécient qui  vous êtes, nous allons continuer simplement à rendre grâce pour votre passé, à goûter avec vous le présent et à  souhaiter…si Dieu le veut… de célébrer en votre compagnie le bicentenaire de la Congrégation en même temps que vos 107 ans.

S. Colette Lussier


« Elle s’est manifestée pour moi aussi la bonté de Dieu, notre Sauveur ».